Partager l'article ! QUE FAIRE DE MA VIE ?: ...
BOL DE RIZ POUR HAÏTI
AVEC LA FONDATION MARIANISTE :
330 PARTICIPANTS : 1341.20 EUROS
Record battu : Merci à tous !
Bonjour à tous !
Rendez-vous sur facebook :
"Pasto Sainte Ma Lons"
http://www.facebook.com/profile.php?id=100003336056006
Un panneau sur la famille marianiste
et
la croix du rassemblement de Lourdes...
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
" Un jour tu es né. Personne ne t'a demandé si tu voulais vivre. Mais maintenant tu vis. Parfois c'est beau. Parfois, par contre, c'est triste. Il y a beaucoup de choses que tu ne comprends pas. Tu vis, mais pourquoi ? Avec tes mains, tu dois aider à mettre de l'ordre dans le monde. Avec ton intelligence tu dois essayer de distinguer le bien du mal. Avec ton coeur tu dois aimer les hommes et les aider quand tu peux. Nombreuses sont les tâches qui t'attendent. Et qui attendent tes mains, ton intelligence et ton coeur."
Chiara Luce, jeune italienne morte à 19 ans d'un cancer des os en 1990.
Voici des questions que nous aimerions poser à des personnes qui accepteraient de nous partager ce qui les fait vivre...
Quel a été ton parcours à Ste Ma ?
En quelle année en es-tu sorti (e) ?
Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Peux-tu nous dire quel est le projet qui t’anime, et comment il t’est venu ?
Aurais-tu un conseil à donner aux jeunes qui doivent s’orienter ?
As-tu un livre, une chanson, un site… préféré ?
Et Dieu dans tout ça ?
REPONSE DE CAMILLE (mars 2012) :
Je m'appelle Camille Normand.
Mon parcours est un peu atypique.
J'ai été scolarisée de la sixième à la quatrième à Sainte Marie et j'ai également fait partie des Jeunes de la Famille Marianiste (JFM).
Pour comprendre mon parcours, il faut savoir que je suis curieuse et que je n'étais pas particulièrement bonne élève. Disons que j'ai eu mon bac un peu juste et même
si j'ai eu de bonnes appréciations, je ne pouvais pas faire de grandes études et surtout je n'avais pas du tout envie de continuer. J'étais fatiguée d'aller en cours tous les jours, de rendre des
dossiers et de réviser pour des interros.
Du coup je me suis demandée ce que je pouvais faire. J'ai eu la chance de pouvoir travailler un an dans un foyer de l'Arche (fondé par Jean Vanier) au Québec (plus
précisément à Gatineau une ville proche d'Ottawa la capitale du Canada sur la côte Est). C'est une association qui propose à des personnes dite valides, normales, de vivre en communauté avec des
personnes en situation de handicap. Je dis bien vivre: tous les jours de la semaine, le jour comme la nuit, le week-end... On les aide dans la vie quotidienne : les repas, le ménage, le travail,
s'habiller, manger... mais aussi aller au cinéma, faire de la patinoire (au Canada c'est une activité courante l'hiver :)... Bref il y a des bons côtés et des moins bons. Bien sûr, on a des
congés (pas beaucoup) et on a l'occasion de découvrir un nouveau pays, de gagner un peu d’argent, de se faire de nouveaux amis... Beaucoup de bons côtés, donc ; mais il y a aussi l'éloignement
avec la famille, des horaires contraignants, des collègues parfois agaçants, pas assez de vacances... Du coup j'ai choisi de retourner en France pour reprendre des études afin d'acquérir de
nouvelles compétences, mais aussi pouvoir continuer à grandir.
Je me suis inscrite à post bac et j'ai envoyé mes dossier depuis le Canada. J'étais en vacances à Vancouver quand j'ai eu la réponse que j'étais acceptée pour
l'année universitaire 2010-2011 en Deust gestion et médiation sociale.
Après mon retour de vacances, il me restait encore deux mois à vivre au Canada. Ce furent deux mois très courts. En effet la communauté de l'Arche ou j'étais faisait
des vacances dite communautaires tous les étés : on mélange les foyers et les assistants (tout en respectant les besoins de chacun). Pour ma part, je suis partie dans un village à côté de Québec.
Lors de cette semaine de vacances, on est allé à Québec (il faisait plus de 30 degrés) mais aussi visiter un zoo. On a aussi pris du temps pour nous et on est allé plusieurs fois au restaurant.
C'était vraiment très sympa.
Et puis la mi-août est arrivée et l'heure du départ également. J'ai fait mes bagages (dur dur de faire tenir un an dans deux valises), mes au-revoirs et puis j'ai
pris l'avion le 20 août 2010 direction Paris.
L'arrivée ne fut pas facile. J'ai quitté un pays et des gens que j'aimais ainsi que des responsabilités et un salaire pour redevenir étudiante. Du coup petite
déprime, mais le fait d'avoir mon propre appartement m'a beaucoup aidée. J'ai pu vivre comme je l'entendais. Bon, alors là, il faut tout de suite expliquer que vivre dans son appartement est
vraiment cool, mais il y a quand même pas mal de contraintes. Il faut payer son loyer, faire ses courses et son linge, faire le ménage... En contrepartie, on peut inviter qui on veut, on se
couche quand on veut... Après, à nous de réussir son année. Pour moi cela à pas mal réussi puisque l'année dernière j'ai été major de promo (moi qui est eu mon bac ric rac c'était un exploit :).
L'année s'est bien passée.
Je suis donc actuellement en deuxième année de DEUST (diplôme d'étude universitaire scientifique et technique) en gestion et médiation sociale à l'université de
Dijon.
Dans le cadre de mes études, j'ai des stages à faire. J'ai fait le premier à l'aumônerie étudiante (pour connaître le fonctionnement d'une association) et
actuellement je suis en stage à l'AHSCuB (l'association handi-sport et culture de l'université de Bourgogne)
J'ai quand même dû travailler l'été 2011. J'ai travaillé un mois en maison de retraite pour faire de la comptabilité et de l'accueil. J'ai aussi aidé pendant une
quinzaine de jour une dame qui avait la maladie de Parkinson. C'était vraiment génial. Pour faire ce boulot je suis allé en Normandie. Elle avait un magnifique prieuré juste en face du Mont Saint
Michel.
Et puis pour finir le mois d'août de la meilleure façon possible, je suis allée aux JMJ de Madrid. Quinze jours de découvertes, de prières, de rencontres... C'était
vraiment génial, même s’il nous est arrivé pas mal de petits problèmes (des intoxications alimentaires, une chaleurs étouffante, des tickets repas absents...). Je suis revenue avec des étoiles
plein les yeux et …l'envie de dormir !
Voilà, je vous ai tout dit ! J’espère que cela vous aidera à réfléchir à votre propre orientation.
Camille
Pour compléter la réponse de Camille, voIci un portrait de
Jean VANIER, fondateur de la Communauté de l'Arche :
Tout de suite, il tutoie, s’enquiert de la longueur du trajet, propose un café, le tout d’une voix douce et chaleureuse. Rencontrer Jean Vanier, c’est d’abord faire l’expérience de cette incroyable présence aux autres. Lui qui a tellement pensé la question du corps – et notamment du corps blessé – s’impose d’abord par son physique. Comment un tel géant peut-il dégager une telle impression de douceur ? Comment ses mains – plus grandes même que des battoirs – peuvent-elles saluer, embrasser, remercier avec tant de chaleur ?
Dans la petite maison dans laquelle il vient tout juste d’emménager à Trosly-Breuil (Oise) – un ancien foyer de l’Arche, situé non loin de celui qu’il a habité pendant trente-six ans, et qu’il a transformé pour lui – le vieil homme mène le visiteur vers son bureau : une petite pièce qui s’ouvre, par une grande baie vitrée, sur le jardin et sa cabane à oiseaux.
Le fondateur de l’Arche (1), âgé aujourd’hui de 83 ans, y a déjà retrouvé ses repères : un fauteuil bleu dans lequel il s’assoit pour réfléchir, lire, écrire, répondre au téléphone et devant lequel les dossiers sont éparpillés sur des petites caisses en plastique retournées, faisant office de lutrins. Le numéro de La Croix du jour, avec son dossier sur les 22 cardinaux que vient tout juste de nommer le pape, trône en évidence sur le canapé. Pour « impressionner la journaliste »,glisse-t-il malicieusement.
Ce qui impressionne davantage, c’est la variété des sujets que ce Canadien, né en Suisse et qui n’a appris le français qu’à 21 ans, suit de près : qu’il s’agisse du nombre d’Italiens au sein du Sacré Collège, des pourparlers engagés avec le responsable de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X – « y a-t-il une vraie conversion du cœur ou simplement le désir de prouver que l’on est le seul à avoir raison ? »– ou encore de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Une initiative ancienne, reconnaît-il, mais qui, « dans la culture actuelle, hypercompétitive et rivalisante »,doit aider les catholiques « à voir l’autre (chrétien) comme une valeur en soi ».
Mais Jean Vanier ne suit pas que l’actualité religieuse : en plus d’être un « fan » du billet d’Alain Rémond, ce fervent pèlerin de la Terre sainte (2) est également passionné par l’actualité israélo-palestinienne et désormais syrienne… Juste à côté de lui, à sa droite, est posée une représentation d’Aung San Suu Kyi, envoyée par « un cousin du mari »de celle-ci, une femme « de vérité, de dignité, de justice ». « Ce qui me frappe, c’est cette capacité à vivre sans peur, avec seulement la lumière de la vérité », dit-il de cette grande figure de la résistance birmane. « Elle n’a pas besoin d’être agressive, la lumière attire si on en parle humblement. »
À sa gauche, les photos des grands « anciens » de l’Arche l’accompagnent : Barbara, sa secrétaire pendant quarante ans, le psychiatre de la communauté pendant vingt-cinq ans, non croyant mais « qui disait l’humain comme rarement »,Sœur Marie-Madeleine, une carmélite « qui a donné sa vie pour l’Arche »,mais aussi le P. Thomas Philippe, dominicain et cofondateur de l’Arche, son père spirituel décédé en 1993, et les si précieuses Claire de Miribel et Jacqueline d’Halluin…
C’est dans ce cadre à la fois confortable et habité que Jean Vanier continue à veiller sur la communauté qu’il a fondée il y a quararante-sept ans. De ses fenêtres, on aperçoit la Ferme, le lieu d’accueil et de prière fondé par le P. Philippe, où lui-même anime des retraites pour les personnes sans domicile fixe, divorcées et remariées, ou encore homosexuelles… Un public « blessé », dont le fondateur de l’Arche sait « écouter les souffrances »,puisant dans sa longue expérience auprès des personnes handicapées mentales.
Il n’a que quelques pas à faire pour se rendre au foyer du Val-Fleuri, dont il est encore membre et où il prend ses repas. En 1964, lorsqu’il la découvre, cette belle maison bourgeoise accueille et fait travailler des hommes vivant avec une déficience intellectuelle, et le P. Thomas Philippe en est l’aumônier. C’est là, après la découverte choquante du dénuement et de la détresse des patients d’un hôpital psychiatrique voisin, qu’il fonde son premier foyer, avec deux d’entre eux.
Exception dans le monde des communautés nouvelles, Jean Vanier s’est aujourd’hui retiré de toute fonction dirigeante : il a quitté le conseil international à 75 ans, et décidé que l’assemblée générale de l’Arche, à Calcutta en octobre 2009, était la dernière à laquelle il participerait. « Sinon, quand est-ce qu’on s’arrête ? Je dois aider les gens à se centrer sur les nouveaux dirigeants, à créer avec eux des liens d’affection profonde »,expose-t-il.
L’Arche internationale, aujourd’hui dirigée par Jean-Christophe Pascal, offre l’exemple d’une transition réussie. De même, il a quitté toute fonction de responsabilité au sein de Foi et lumière, dont il est cofondateur avec Marie-Hélène Mathieu. D’autres fondateurs sont-ils venus solliciter ses conseils et profiter de son expérience en la matière ? « Pas beaucoup »,reconnaît-il dans un sourire.
Entre ses activités d’écriture, les conférences qu’il donne encore – comme à l’Unesco, avec sa grande amie Julia Kristeva, elle-même mère d’un enfant handicapé –, celui qui a dans sa jeunesse renoncé à la prêtrise, mais opté pour le célibat, estime jouer aujourd’hui à l’égard de sa communauté un rôle « de grand-père », recevant les plus proches, mais aussi les nouveaux directeurs de communautés en formation… « Je ne suis plus dans un rapport de pouvoir, ils viennent m’aider »,résume-t-il, avouant se sentir aussi « beaucoup plus fatigable ».
Lui qui a inlassablement appelé ses semblables à se faire « petits comme les plus petits »voit dans sa vulnérabilité actuelle « la suite »logique du combat de sa vie. « J’aime la réalité, même difficile. Si on la fuit, on fait plus de mal »,esquisse-t-il après un silence, avant de raconter l’échange qu’il a eu la veille avec une personne sans domicile fixe qui a sombré dans l’alcool après que sa fille eut été violée et tuée. « Lorsque j’entends parler d’une communauté qui manque d’assistants, je peux écouter, prier, mais ce n’est pas à moi d’intervenir. Ceux qui portent l’Arche désormais ont 40 ou 50 ans et ils sont extraordinaires. »
Le fondateur de cette œuvre désormais internationale, présente dans 40 pays à travers 137 communautés, et qui fut proche de Mère Teresa, ne prétend pas avoir toutes les réponses. Ni théoriser son expérience. Il est certaines questions auxquelles il ne sait pas répondre : sommes-nous tous capables d’être assistants à l’Arche ? Devons-nous tous nous faire « faibles parmi les faibles » ? « I do not know », sourit-il, avant de poursuivre : « Tout le monde, à un moment, poussera ce cri ‘‘j’ai besoin d’aide !’’ »
Et si faire cette expérience de sa fragilité ne « sert »à rien, elle seule, à ses yeux, permet d’« être dans la vérité ». Tout de même, n’a-t-il pas lui-même démontré une grande force pour maintenir le cap au milieu des épreuves qui ont parfois failli emporter l’Arche à ses débuts ? « Ma force, c’est ma confiance », réfléchit-il. « J’ai toujours eu confiance que nous étions sur un chemin de vérité, sur le chemin de l’Évangile. »
Dans son humilité et sa simplicité, ce géant se réjouit d’être rejoint par d’autres : qu’il s’agisse des « invités au festin », des foyers nés à Besançon pour les personnes souffrant de maladie mentale, des appartements « Val Giros » où cohabitent personnes insérées et sans domicile fixe, ou les foyers « Simon de Cyrène » qui accueillent des personnes cérébro-lésées.
Le film Intouchables, qu’il est allé voir au cinéma à Compiègne, l’a emballé : « C’est l’Afrique qui vient au secours de l’Europe malade ! »« Beaucoup de gens ont peur des personnes en difficulté. Ils ont parfois raison : certaines, qui sortent de prison par exemple, peuvent être dangereuses. Mais dans un monde focalisé sur la compétition, le succès, trop de gens ont peur. La voix de l’Église doit être celle de la confiance. »Là encore, le fondateur de l’Arche se garde d’aller trop loin, ne souhaite pas dire si celle-ci porte la voix assez loin. Et préfère ne pas choisir celui des candidats qui rejoint le plus ses combats : « Ici, c’est facile d’être confiant. Je ne suis entouré que de gens heureux, des ‘‘ressuscités’’. »
Sur ces entrefaites, Jean Vanier rejoint le foyer de l’Ermitage tout proche où il a été invité à déjeuner. Attablé au milieu des jeunes assistants et de certains des pensionnaires les plus anciens de l’Arche – Jean-Abdallah, qui l’a rejointe en 1969 et dont il est le parrain, Michel, Étienne ou Alberto –, il laisse rayonner sa présence lumineuse et chaleureuse.
Pour chacun, il a un mot, sur son travail ou sur ses vacances, parfois un simple sourire. Comme lorsque Michel l’apostrophe sur la bénédiction de sa maison, organisée la veille : « Eh Jean Vanier, chez toi hier il n’y avait rien à manger, il n’y avait pas de goûter ! »Dans l’ambiance familiale de ce foyer dirigé par la toute jeune Émilie, 22 ans, sa théologie, si difficile à transcrire en mots, prend corps.