Partager l'article ! LA PAUSE-DEBAT: Chaque vendredi entre midi et demie et treize heures, des 3° et de ...
BOL DE RIZ POUR HAÏTI
AVEC LA FONDATION MARIANISTE :
330 PARTICIPANTS : 1341.20 EUROS
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Bonjour à tous !
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"Pasto Sainte Ma Lons"
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Un panneau sur la famille marianiste
et
la croix du rassemblement de Lourdes...
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Chaque vendredi entre midi et demie et treize heures, des 3° et des Lycéens retrouvent André Khouzam, professeur de physique, et Pascale Prat-Robbe, animatrice de la Pastorale, pour débattre...
Depuis le mois de septembre, nous avons abordé de nombreux thèmes : la peine de mort, le pardon, la responsabilité, la liberté, la prière, la pauvreté, la nationalité française, le péché...
En voici un aperçu...
13.04.2012 : POURQUOI EST-CE UNE CHANCE D’ALLER A L’ECOLE ?
A première vue, on va à l’école pour apprendre à lire, à écrire et à compter.
A plus long terme, on y va pour acquérir un métier qui nous plaît et qui est bien payé.
Et en plus, on a de la chance d’aller à l’école parce que tant d’autres sur cette terre ne peuvent pas y aller…
Pourtant, 75%, voire 90%, voire 99% des choses qu’on y apprend ne nous serviront à rien. C’est en tout cas ce qu’il nous semble, car en réalité, on ne peut pas savoir à l’avance ce qui nous servira à quelque chose…
Et si l’enjeu était autre ?
S’il s’agissait d’apprendre à penser, à réfléchir ? Notre cerveau, sollicité par de multiples et diverses matières comme les maths, le dessin, l’anglais…s’assouplirait en quelque sorte.
Et l’école deviendrait une chance, non pas tant pour l’individu, que pour la nation : grâce à une scolarité intense et motivée, toute la jeunesse Française peut acquérir un esprit plus clair, plus fin que les ¾ des jeunes de la Planète…
Si on prend l’exemple de l’Egypte, qui a sur conduire une révolution l’an dernier, où en est-elle un an après ? C’est le chaos qui s’installe, parce que les jeunes n’ont pas su transformer leur élan.
Il en va de notre cerveau comme de la pâte à fix qu’il faut pétrir avant de pouvoir utiliser.
Et ainsi, on obtient en France une élite intellectuelle, le revers de la médaille étant que ceux qui n’ont pas cette forme d’intelligence sont écrasés ou exclus pas le système…
Il est bien dommage que ces vérités ne soient pas expliquées aux élèves en début d’année, mais les profs qui ont toujours vécu dans le système français n’en ont pas forcément conscience.
Pour réfléchir à la valeur de la vie, nous nous sommes demandé si quelqu’un nous semble avoir plus de chance que nous et si quelqu’un nous semble avoir moins de chance que nous.
Peu de gens nous semblent avoir plus de chance que nous :
- les multimilliardaires qui font (peut-être) tout ce qu’ils veulent ; mais à la longue, je m’ennuierais !
- Neil Armstrong, qui a marché sur la lune.
- Mon frère qui a plus de facilités que moi : il est moins timide, il a de meilleurs résultats…
En revanche, beaucoup de gens ont moins de chance que nous :
- ceux qui ont des soucis familiaux
- ceux qui ont faim, les enfants qui doivent travailler pour survivre et ne peuvent pas aller à l’école
- les enfants Belges tués en revenant de classe de neige
En fin de compte, avec ses limites et ses possibilités, ce qui fait la valeur de ma vie, c’est que c’est la mienne !
Un défi m’est lancé : comment faire quelque chose de l’humain ?
16.03.2012 : NOS PASSIONS
Nous avons fait un tour de table pour expliquer aux autres nos passions, ce qu’elles nous apportent et ce qu’elles nous coûtent.
Nous en avons conclu que les passions doivent procurer du plaisir. Pratiquer une passion nous permet de nous défouler, de prendre des responsabilités, des initiatives… On a une sensation de liberté quand on fait ce qu’on aime faire.
Nous avons découvert que les passions ne représentent pas la même chose pour les garçons et pour les filles : les garçons n’ont pas leur passion sans cesse devant les yeux, alors que les filles ne peuvent pas s’empêcher d’y penser.
Comme nous espérons que notre futur métier sera en lien avec notre passion, Mr Khouzam nous fait remarquer que dans les pays pauvres, la question du choix du métier ne se pose pas dans ces termes : on y choisit un métier pour gagner de quoi vivre., un point c’est tout.
Thème du 17 février : NOS PEURS…
Tout le monde a des peurs : peur de l’échec scolaire, des insectes ou des reptiles, du vide, de la nuit, des portes électriques, des loups, d’une personne agressive, de manquer d’argent, de voir un être cher malade ou en échec …
On pourrait dire qu’il y a deux grandes sortes de peurs :
- celles qui surgissent quand notre intégrité physique est menacée, quand notre vie est menacée…
- la peur de l’échec.
Parfois, on aime avoir peur, quitte à f aire des cauchemars : on regarde des films d’horreur, on joue à se faire peur, on monte sur un manège qui tourne vite et fort, on fait circuler des photos trop gores sur internet…
Parfois, nous-mêmes faisons peur aux autres par notre violence ou par jeu.
Même dans nos petits villages, on peut ressentir de l’insécurité et des histoires circulent sur des trafics de drogue ou d’organes…
La cruauté de l’homme, telle qu’elle s’exprime en temps de guerre par exemple, nous fait peur, ou nous dégoûte.
On pourrait dire que dès que l’homme commence à grandir, il a peur. Il a peur de grandir justement, peur d’être trahi, abandonné, peur de ne pas exister dans le regard des autres, de les décevoir...
Le rôle des parents est de rassurer leurs enfants.
Certains régimes politiques utilisent la peur pour dominer les gens.
Dans l’Evangile comme dans les récits d’apparition, il y a comme un leitmotiv : N’AYEZ PAS PEUR !
Thème du 10 février : Pourquoi donner aux prisonniers ce qu'ils ont volé aux autres ?
Si M pose cette question, c'est parce qu'à la récré de dix heures, les 5ème de la Pastorale ont fait une vente de gâteaux et de chocolat chaud au profit de l'Aumônerie de la prison de Lons. Soeur Marie-Régis, qui est aumônier de la prison, était venue en janvier leur parler des prisonniers et ils ont eu envie de faire quelque chose pour eux. Ils leur ont fabriqué un livre intitulé : rêve d'un monde... et ont fabriqué des gâteaux pour les vendre ce matin.
Aussitôt la question posée par M, Mn renchérit : "Je suis bien d'accord : puisqu'ils sont punis, ils n'ont pas besoin de livres, de jeux de cartes, de télé ou de console... Ils sont là pour payer !"
D'autres sont moins catégoriques : C souligne qu'il est difficile de repartir dans la vie quand on est passé par la prison et J dit qu'il est important de rencontrer les prisonniers pour préserver le lien social. Discuter avec eux, réfléchir avec eux, ou même simplement jouer aux cartes avec eux, cela leur apprend à être en relation avec d'autres...
Les jeunes parlent alors de Megaupload, et de ce qu'ils tiennent pour un scandale : l'homme qui leur permettait de télécharger illégalement des centaines de films sur internet a écopé de cinquante ans de prison, quand un autre homme qui a violé et tué une femme s'en sort avec quinze ans de prison. André remarque que permettre à des gens de télécharger illégalement et en faisant un profit au passage grâce à la pub est du vol pur et simple. Il insiste sur le fait que les artistes qui ont travaillé pour créer un film ou un CD ont souvent investi beaucoup d'argent et qu'il est injuste de les priver du fruit de leur travail. Les jeunes n'avaient pas pensé à cela. Pratiquement tous, nous avons piraté un film ou une chanson, ou nous avons accepté de recevoir en cadeau un DVD ou un CD de produits piratés. Nous portons donc souvent un jugement sévère sur les voleurs incarcérés, mais nous-mêmes ne sommes pas tout à fait sans tache...
Il est important de ne pas considérer les prisonniers comme des bêtes noires, des gens qui n'ont rien à voir avec nous. On ne sait pas ce qui peut nous arriver, à nous ou à un proche...
André donne encore l'exemple de la délocalisation. Certains patrons sont obligés de délocaliser pour continuer à vivre. D'autres n'hésitent pas à mettre des centaines de familles au chômage pour simplement faire plus de profit. Ceux-là ne sont-ils pas des criminels ?
M n'est pas ébranlée par ces arguments. Elle dit que certaines personnes se font volontairement enfermer pour passer l'hiver au chaud sur le dos de la société. Cela la révolte. André essaie de lui faire comprendre que pour en arriver à se faire enfermer pour passer l'hiver au chaud, il faut être dans la plus noire des misères. Pascale demande alors comment ils définiraient la prison. C'est A qui répond : " C'est une cage fermée d'où l'on ne peut pas sortir". Alors, lequel d'entre eux voudrait aller dans une cage fermée d'où l'on ne peut pas sortir ?
H remarque qu'il faudrait distinguer les prisonniers en fonction de l'acte qu'ils ont fait. André demande : "Si ce soir, en rentrant, j'écrase un enfant parce que je suis trop fatigué, est-ce que je dois aller en prison ?" Les avis divergent. Mais la majorité pense qu'il faudrait y réfléchir à deux fois, tenir compte de cette fatigue et du fait qu'André est un homme sans histoire. Mais tous les prisonniers ont une histoire et des circonstances atténuantes. Il faut donc séparer le personne de l'acte qu'il a fait. Un prisonnier est un homme qui a fait une bêtise, une faute.
Nous sommes tous d'accord pour dire que la faute commise par les prisonniers est grave et doit être punie. Mais puisque la punition de ces hommes est la privation de liberté, c'est dans l'intérêt de la société que la prison soit un lieu d'humanisation, un lieu d'apprentissage des règles de la vie en société, et pourquoi pas un lieu d'apprentissage d'un métier qui permettra une bonne réinsertion.
A C revient le mot de la fin : "On n'est pas délinquant parce qu'on le souhaite."
A Soeur Marie-Régis, qui vient peu après rencontre le groupe de 5° pour recevoir le livre et l'argent de la vente du matin, nous avons reposé la question de M. Voici ce qu'elle a dit :
"Si je vais à la rencontre des prisonniers, c'est pour leur dire que chaque personne est importante et a le droit d'aimer et d'être aimé. Quoi qu'elle ait fait. Je ne veux pas savoir ce qu'ils ont fait. je ne veux pas les juger.
Parfois, la violence monte en eux parce qu'ils l'ont vécue depuis l'enfance et parce qu'ils en voient à la télévision.
J'essaie de les aider à être bien en eux-mêmes et de vivre paisiblement.
Je les aide à découvrir ce qu'ils ont de bon en eux.
Ils sont privés de liberté, mais il n'est pas dit qu'ils doivent être maltraités comme des chiens.
Rien n'est perdu pour personne.
Depuis l'enfance, la plupart d'entre eux ont entendu : "Tu ne vaux rien, tu n'arriveras jamais à rien..." Et ils finissent par se dire : "Après tout, puisque je ne suis rien, je vais faire n'importe quoi !"
C'est difficile, quand on n' a rien reçu comme éducation, de bien se comporter. Dire merci, par exemple, ça s'apprend.
Ils disent parfois que c'est dommage que le Service Militaire pour tous n'existe plus, car il était un lieu pour vivre ensemble, acquérir des repères, des valeurs...
En prison, il y a aussi des personnes d'un tout autre milieu qui ont voulu gagner de l'argent en trafiquant des papiers par exemple... C'est aussi pour eux que je viens."
Pour les chrétiens, il y a comme une obligation, une logique à aller voir les prisonniers. Car c'est Jésus lui-même qui le leur a demandé en disant : " J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi.
Ceux qui l'écoutent lui répondent: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli; ou nu, et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ?
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites." Evangile de Matthieu, chapître 25
Thème du 3 février : Pouvons-nous faire ce que nous voulons de notre corps ?
Les jeunes sont d'abord unanimes : oui, notre corps nous appartient, nous pouvons faire ce que bon nous en semble...
Pourtant, assez vite, des réserves apparaissent : si tu décides de sortir tout nu dans la rue, la police peut t'arrêter pour trouble à l'ordre public, par exemple. Les filles pensent ensuite que nous avons quand même à respecter notre corps, à vivre en harmonie avec lui, même si ce n'est- pas toujours facile, par exemple quand on est trop gourmande !
Et puis il y a ceux qui nous entourent : nos parents qui nous ont donné ce corps, nos frères et soeurs, nos enfants ou futurs enfants, nos amis même... Tous souffriront si nous tombons gravement malades ou si nos abîmons volontairement notre corps.
Et pour ceux qui croient que Dieu leur a donné la vie, c'est certain : notre corps ne nous appartient pas totalement.
Alors, prenons en soin, autant que nous le pouvons. Et si nous avons un trop grand besoin de le faire souffrir pour exprimer une souffrance, un mal être... demandons de l'aide à un prof, une infirmière, nos parents, un adulte en qui nous avons confiance : c'est important !
Le 27 janvier 2012, c'est J qui nous propose un thème : Avons-nous une âme ?
S, élève de 1ère électronique, se conçoit comme une machine bien réglée, un super ordinateur avec des capteurs, capable de fabriquer des programmes pour toutes les situations. Il ne voit pas pourquoi il faudrait qu'un super-ingénieur-créateur existe.
Pour les filles de 3°, les choses sont bien différentes : elles ne se perçoivent pas comme des machines, parce qu'elles se sentent habitées par des sentiments, des caractères différents, des personnalités différentes, une capacité à entrer en relation. "On a une âme, donc on n'est pas une machine !"
André nous parle de Frankenstein, cet être fabriqué par un médecin à partir de chair et de sang, et qui supplie son créateur, pour être vraiment humain, de lui donner une compagne à aimer...
Etre homme, est-ce aimer ? Non pas tomber amoureux à grands coups de palpitations cardiaques, phénomène chimique s'il en est ! Mais aimer, préférer quelqu'un à soi, aller jusqu'à s'anéantir pour que l'autre soit heureux... C'est assurément ce qu'une machine ne sait pas faire !
Il y a en nous quelque chose de plus grand que nous et qui nous permet, dans l'acte de création artistique par exemple, d'aller plus loin que nous-mêmes. Manon explique qu'avant d'avoir commencé à dessiner, elle ne sait pas ce qu'elle dessinera. Clara parle de l'expérience de dépassement de soi qu'elle fait quand elle écrit des poèmes...
Ceux qui ont perdu un proche le savent : mort, il n'est plus là et pourtant, il est toujours présent. Inutile de faire appel au paranormal pour communiquer avec lui : le monde de Dieu, dans lequel les défunts se trouvent, n'a rien à voir avec le nôtre, si mesquin. Quand nous mourrons, nous entrerons dans l'immense, dans l'inimaginable : et c'est là que Dieu accueillera nos âmes...
"Mon âme est un orchestre caché ; je ne sais de quels instruments il joue et résonne en moi, cordes et harpes, timbales et tambours. Je ne me connais que comme symphonie."
Fernando Pessoa, Le Livre de l'intranquillité. (in Jean-Pierre Luminet, Iluminations - Cosmos et esthétique).